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1月21日
LES SECRETS DE L'ISLAM !
Les noms du livre du prophète de l'Islam
Ce qui fut rassemblé et inscrit par Othman a pris le nom de Coran, et jusqu'à aujourd'hui, on l'appelle " le Coran ", " le grand Coran ", " le glorieux Coran "; mais dans ce livre même, il existe plus de cinquante cinq noms pour nommer le livre de l'Islam. Ainsi, dans divers versets, les poèmes de l'Islam sont appelés différemment : Kétab (Livre) - Mobain (Manifeste) - Coran (Lecture) - Karim (Généreux) - Kalâm (Parole) - Nour (Lumière) - Hédaïat (Indication) - Rahmate (Clémence) - Forghan (Distinction) - Shafâ (Guérison) - Moéséh (Sermon) - Zékre (Mention) - Mobarak (Porte-bonheur) - Ali (d'après certains, cet Ali fait allusion à Imam Ali - dans le verset 4 du sourate Zakhraf -Les Ornements- l'on trouve : " Il est vrai qu'en matière d'original (mot à mot : la mère du livre ) Ali est érudit auprès de nous). Hékmat (Philosophie) - Hakim (Philosophe) - Mossadégh (Confirmatif) - Mahiman (Protecteur) - Hobal (l'Idole) - Cérate Mostaghim (Le sentier droit) - Ghaiém (Tuteur) - Ghôle (Promesse) - Fasle (Saison) -Naba al Azim (Le grand annonce) - Ahssan al Hadiss ( La meilleure tradition prophétique) - Motachabéh (Identique)- Massani (La seconde corde d'un luth ) -Tanzil (Intérêt) - Rouh (Ame)- Vahi (Révélation)- Arabi (Arabe) - Bassaér (Vues)-Baîan ( Expression)- Elmme (Science)- Hagh (Raison)- Orvath al Vosghâ (Mouton de sacrifice) - Adjab (Surprise - Etonnement) - Tasacor (Rappel)-Orvat al Vossghâ (Lien indissociable)- Sédgh (Sincérité)- Adlle (Justice)- Amr (Ordre) -Mônâdi (Héros)- Bacharî (Humain)- Madjid (Glorieux) -Zabour (Psaumes)- Bachir (Précurseur)- Nasire (Voué à Dieu)- Asis (Cher)-Ballâgh (Eloquent)- Ghéssass (Histoires) -Sohof (Livres) - Mokaraméh (Honorée) - Motaharéh (Purifiée)-
Bref, au lieu du Coran (livre lisible), chacun de ces cinquante cinq noms aurait pu être le nom du livre de l'Islam, mais jusqu'ici "Coran", " Glorieux " et " Généreux " sont les plus connus.
Les livres écrits sur les différences de corans
L'on verra en quoi les livres compilés par les secrétaires particuliers du prophète de l'Islam étaient différents de celui qu'Othman inscrivit comme étant le Coran. Mais avant d'ouvrir ce débat, il faut rappeler que dans les premiers siècles de l'Islam, beaucoup d'ouvrages furent écrits, qui relevaient des différences entre corans existants ; et bien qu'Othman affirmait et inscrivait une seule version, il fallut des années pour que les savants islamiques reconnaissent ce livre, et le propagent dans le monde islamique.
Nous dénombrerons ici les noms des sept livres importants et notables qui furent écrits par les savants originels d'Islam, à propos des différences entre Corans : 1- Le livre de la différence des livres (les corans des habitants de la Médine, de Koufféh et de Bassora )écrit par Kassâeï 2- Le livre de la différence des livres (les Corans), oeuvre de Khalaf 3- Le livre de la différence des habitants de Koufféh, de Bassora, et de Damas en matière des livres, écrit par Farrâ. 4- Le livre de la différence de Mossahéf (les corans) d'Ibn Davoud Sédjestani 5- Le livre de Madaéni sur la différence des livres (les Corans ensemble) écrit par Madaéni 6- Le livre de la différence des livres (les Corans de) Damas, Hédjaz, l'Irak écrit par Ibn Amér Yahsébi 7-Le livre de Mossahéf (les Corans) oeuvre de Mohammad Ibn Abd al Rahaman Isphahanï. Donc, l'on voit que les milliers de pages ont été écrites sur la différence des Corans de diverses villes et régions et en dénombrant quelques brefs exemples concis de la différence des corans d'Imam Ali et des secrétaires du prophète d'islam, nous verrons en quoi le Coran actuel - appelé désormais le Coran d'Othman- diffère des autres.
Quelles furent les différences de corans entre les secrétaires du prophète de l'Islam et du d'Othman ?
En ce qui concerne le Coran d'Imam Ali, nous avons dit, lors des pages précédentes, que d'abord, il fut ordonné en fonction des dates des créations poétiques (dates des révélations) et ensuite, que les versets abrogatifs et abrogés furent relevés dans ce livre.
Hassan Ibn Abasse raconte qu'il avait entendu de Hokm Ibn Sahir, qui l'avait, lui, entendu d 'Abdé Kheir qui finalement, l'avait entendu lui-même entendu d'Imam Ali, que la première personne ayant rassemblé le Coran de sa mémoire fut (Imam) Ali, et que ce Coran était gardé dans la famille de Djaffar ; et j'ai vu chez Abou Hamzéh Hassani - béni soit-il - un coran écrit avec l'écriture d'Ali Ibn Abi Taléb et dont quelques feuillets étaient abîmés, et ce Coran était resté dans la famille de Hassan en héritage selon l'ordre des sourates, et d'après la révélation.... (Al Féhrést Ibn Nadîm-La liste d'Ibn Nadîm- Page 147). Il est intéressant de savoir que les autres Corans furent disponibles jusqu'à une certaine époque puis ont été perdus soudainement dans quelque sombre recoin de l'histoire. Il se peut que l'on retrouve leurs traces dans des bibliothèques ou des musées, et je m'engage à l'avenir à signaler par écrit toute découverte personnelle à ce sujet.
Le Coran d'Abd Allah Ibn Massoud
Fazl Ibn Châsan dit : l'ordre des sourates du coran de Mossahéf d'Abdo Allâh Ibn Massoud fut, dans un ordre différent de celui d'aujourd'hui : da Abi Lahab Va Ghad Tab Ma Aghnâ Maléhou Va Ma Cassab (Que les deux mains d'Abi Lahab périssent et qu'il périsse lui-même, ses richesses et ses oeuvres ne lui serviront à rien )-..." (Al Phéhreste d'Ibn Nadim-La liste d'Ibn Nadim). Pour ne pas nous étaler, nous n'avons pas cité les noms de toutes les sourates, mais l'on trouve cinq problèmes dans le coran d'Abd al Rahaman Ibn Massoud : 1 - Le nombre et l'ordre des sourates diffèrent considérablement de ceux du Coran d'Othman, car dans le coran d'Ibn Massoud, il n' y a que cent dix sourates, telles que nous les avons dénombrées. 2 - Les noms de beaucoup de sourates sont plus longs que ceux du Coran d'Othman. 3 - Il y a deux sourates nommées "Sadjdéh" (prosternation). 4 - Il y avait quelques sourates supplémentaires, comme " Havâmime " ou " Mossabahât " dans le coran d'Ibn Massoud, et qu'on ne trouve pas ailleurs. 5 - Certains versets du Coran d'Ibn Massoud diffèrent de ceux du Coran d'Othman, surtout par la sourate Va al Assre dont l'on ignore le contenu dans le coran d'Othman. Il en est ainsi dans le coran d'Ibn Massoud : "J'en jure par l'heure de l'après-midi, l'homme travaille à sa perte. Tu en excepteras ceux qui croient et pratiquent les bonnes oeuvres, qui recommandent aux autres la vérité et la patience !"
Le Coran d'Abi Ibn Kab
Fazl Ibn Ghasan dit : L'un de nos proches en qui l'on a confiance disait : j'ai trouvé l'ordre des sourates du Coran tel que celui d'Abi Ibn Kab, à Bassora, dans un village qui s'appelait Ghariat al Ansar à douze kilomètres de Bassora, chez Mohammad Ibn Maléké Ansari, qui nous a montré un Coran et dit : ce Coran appartient à mon père et nous le tenons de nos ancêtres. J'y ai jeté un coup d'oeil et en ai extrait les débuts et les fins des sourates ainsi que le nombre de leurs versets. Au début il y avait : Fatéhat al Kétab (l'ouverture du livre)-Bagharéh (la vache)- Néssâ (les femmes)- Allé Omran (la famille Omran) -Anâm (les bienfaits) -Eerâf (le purgatoire)- Maédéh (la table) - je doute qu'il ait eu la sourate (Younesse-Jonas)- Anfâl (les surestimations) -... Davoud (David) ... Tahâr (les propres) ...Insân (l'homme)... Nabi Aliéh al Salam (le missionnaire auquel salut)...Hai Ahl al Kétab les gens du livre) - Lam Yacon Aval Makan ... trois verset...B al Kofar Molhagh et ainsi de suite...Tous les versets furent au nombre de six mille deux cent dix. ( Al Féhreste -La liste d'Ibn Nadime Page 46).
Enfin, l'ensemble des sourates du Coran de Ben Kab n'atteignait pas les cent seize et un bon nombre de sourates de ce Coran n'existent pas du tout dans le Coran d'Othman. Comme les sourates Davoud (David), Tahâr (les propres), Nabi Aliéh al Salâm (le missionnaire auquel salut)...
Les destructeurs et les destructions du Coran
Le débat ayant trait aux destructeurs (nassékh) et aux destructions (mansoukh) est un des principaux problèmes de l'Islam et du Coran. Problème qui fut négligé jusqu'ici et comme cela a été évoqué plus loin, le prophète d'islam, lui-même, avait envisagé de rassembler son livre (le Coran) en vue de déterminer, ou d'éliminer, les versets destructeurs ainsi que les versets détruits, et l'on a dit que dans le Coran d'Imam Ali ce problème avait été pris en compte. C'est un sujet évident et clair. Car comme nous l'avons dit, Mohammad a admis un bon nombre de traditions datant de l'obscurantisme arabe, et nous verrons plus loin à quel point, par obligation, il se comportait avec respect à l'égard des Quoriche et de leurs rites. Et que donc s'il avait pu, il aurait abrogé beaucoup de traditions et de pratiques de l'obscurantisme arabe, qui subsistent jusqu'à aujourd'hui, époque de civilisation et de technologie. Mais, à propos de la question des versets destructeurs et détruits, de nombreux livres furent écrits. Nous ferons allusion à trois de leurs grands auteurs, et qui ont écrit des centaines de pages sur ce sujet : 1 - Al Nasékh va Mansoukh - ( abrogatif et abrogé ) oeuvre de Hadjaj al Our 2 - Nasékh et Mansoukh kodamand-(Quels sont l'abrogatif et l'abrogé ) - oeuvre d'Abd al Rahman Ibn Zéid 3 - Le livre d'Abi Isshagh Ibrahim al Moadab à propos des versets destructeurs et détruits.
Le Coran durable et agréable à lire
Il n'y a aucun doute que le Coran est une belle poésie particulièrement son " Ghéssar al Sour "(Les plus petites SOURATES) qui se rapporte à la Mecque et à la première période d'Islam. Si nous révélons quelques sujets tabous de ce livre durable, ce n'est pas pour le nier. Car le Coran est un livre historique, littéraire et philosophique à propos duquel l'on pourrait écrire de nombreuses pages ; c'est ainsi que les mathématiciens ont, grâce à la science de nombres, fourni des théories numériques sur ce livre. Les astrologues, également, l'ont analysé d'après l'astrologie... ou alors tel spécialiste de l'informatique a obtenu tels résultats en faisant analyser ce livre par ordinateurs... ou tel médecin aura écrit un livre médical sur le sujet etc... j'ai vu la majorité de ces ouvrages... et nous pourrions dévoiler des secrets que la saisie informatique rendrait encore plus passionnants.
L'influence des conseillers persans, abyssins, juifs et romains dans le Coran
Comme nous l'avons expliqué dans le livre " De Mitra à Mohammad " les principaux conseillers du prophète d'islam étaient Salman Parsi d'Iran, Balal Habachi d'Abyssinie et Sahib de Rome. Ils faisaient partie, tous les quatre, du cercle des savants, intellectuels et érudits de leurs pays, dans leurs langues originelles, ainsi que celles des autres amis du prophète de l'Islam, de la même façon que des Juifs, des Nabatéens et des Syriaques influencèrent le Coran.
Les mots non arabes dans le Coran
Alors!...Le prophète d'Islam eut quelques conseillers importants qui l'ont aidé dans la formation de la révolution et jusqu'à l'élaboration de son idéal-type. Malgré ce que l'on apprend dans le Coran, à savoir que ce livre fut révélé en langue arabe, mais que d'autres mots, issus des langues civilisées de cette époque s'y rencontrent. Ces mots sont probablement les propos de proches amis du prophète de l'Islam, originaires d'autres pays, et jouant un rôle certain dans les décisions et les poèmes du prophète de l'Islam. Ces proches amis furent à de nombreuses occasions ils furent d'avoir recours aux mots de leur propre langue pour s'exprimer clairement. Ces mots furent ensuite "arabisés", c'est-à-dire qu'ils se placèrent naturellement dans le cadre de la grammaire arabe.
Comme nous en avons déjà évoqué quelques exemples, une fois que le nouveau style du prophète de l'Islam dans la création du Coran se fut installé parmi les Musulmans de l'époque, il devint évident que ses proches amis pouvaient faire de la poésie, et du discours, tout comme lui, à l'instar des quatrains de Khayam , des odes de Haféz ou de la poésie moderne de Nimâ (Nimâ est un poète contemporain, nommé le Père de la Poésie Moderne Persane). Si quelqu'un connaît bien Khayam et Haféze, et possède un talent poétique, il peut, en les prenant comme modèles, faire de la poésie dans le même style. Depuis toujours, ce phénomène n'a été connu dans le monde littéraire qu'une fois un style inventé, les autres ayant alors pu s'en servir pour faire de la poésie dans la même tournure.
Les termes persans dans le Coran
- Abarigh (pluriel d'Abrigh); Estabragh; Tanour; Djahanam; Dinar; Al Rass; Al Rome; Zandjébil; Sédjil; Saradégh; Saghar; Salsabil; Sndass; Ghofl; Kafour; Kanz; Kourte; Madjous; Mardjan; Mask; Maghalid; Mazdjah; Né; Houd; Yagoute; Al Yahoud.
Les termes abyssins (éthiopiens)
- Ela Raéc; Avâh; Avâb; Al Djabt; Horm (haram); Haub; Dôrï; Sïnïn; Shatre; Tâhâ; Tâghoute; Al Eram; Ghéise; Ghoureh; Kafle; Machcouh; Mansâh; Nachééh; Yassin; Yassdon.
Quelques termes romains dans le Coran
- Sérâte; Tafagh; Ferdôs; Ghéste; Ghéstass.
Quelques termes syriens dans le Coran
- Yam (Al Yam); Houn; Ghouyoum; Addan; Toure.
Quelques cas des termes juifs (hébraïques) dans le Coran
- Akhlad; Baïre; Raéna; Al Rahmân; Tavâ; Marghoum; Hodnâ; Ghamle.
Quelques cas des termes nabatéens dans le Coran
- Varz; Varâ; Malakoute; Côfre; Ghat; Mazhan; Sinâé; Sôfréh; Havâriyoun; Hasbe; Akvab; Asph
allah n'a pas tenu sa promesse de préserver le Coran pendant 14 siècles : nous avons pu découvrir en 1972 le plus vieux texte coranique du monde à Sa'ana (Yémen) et ainsi prouver que le texte que les mahométans possédent de nos jours est falsifié. L'exemplaire de Samarcande, un des plus anciens, est également différent de la version actuelle.
Il faut dire que le Coran écrit n'est pas l'oeuvre de Mahomet ; il a été compilé après sa mort selon le gré de divers personnages. En conséquence, il existe plusieurs corans dont le contenu et l'organisation des versets sont totalement différents. Celui qui est considéré comme LE Coran est celui d'Uthman, un calife despotique qui a détruit toutes les sources antérieures. Il y a eu ensuite sous le règne du calife 'Abd al-Malik une réforme orthographique : la langue arabe des origines, non adaptée à l'écrit, était jusqu'alors écrite sans aucune marque diacritique (points, accents, cédilles), autrement dit sans aucune indication de voyelles, ce qui entraînait naturellement à la lecture de nombreuses confusions entre plusieurs significations possibles (fâcheux pour un texte religieux aussi dogmatique). Les querelles concernant l'authenticité du texte ont été très vives dans le monde islamique jusqu'au Xème siècle ; depuis lors, il n'est guère recommandé de mettre en doute cette authenticité...
Je donne ici trois textes : le premier est un article de Sciences & Avenir qui traite du Coran découvert au Yémen ; le second détaille les principaux corans ; le troisième concerne le problème des marques diacritiques. L'on verra en quoi les livres compilés par les secrétaires particuliers du prophète de l'Islam étaient différents de celui qu'Othman inscrivit comme étant le Coran. Mais avant d'ouvrir ce débat, il faut rappeler que dans les premiers siècles de l'Islam, beaucoup d'ouvrages furent écrits, qui relevaient des différences entre corans existants ; et bien qu'Othman affirmait et inscrivait une seule version, il fallut des années pour que les savants islamiques reconnaissent ce livre, et le propagent dans le monde islamique.
Nous dénombrerons ici les noms des sept livres importants et notables qui furent écrits par les savants originels d'Islam, à propos des différences entre Corans :
1- Le livre de la différence des livres (les corans des habitants de la Médine, de Koufféh et de Bassora )écrit par Kassâeï
2- Le livre de la différence des livres (les Corans), oeuvre de Khalaf
3- Le livre de la différence des habitants de Koufféh, de Bassora, et de Damas en matière des livres, écrit par Farrâ.
4- Le livre de la différence de Mossahéf (les corans) d'Ibn Davoud Sédjestani
5- Le livre de Madaéni sur la différence des livres (les Corans ensemble) écrit par Madaéni
6- Le livre de la différence des livres (les Corans de) Damas, Hédjaz, l'Irak écrit par Ibn Amér Yahsébi
7-Le livre de Mossahéf (les Corans) oeuvre de Mohammad Ibn Abd al Rahaman Isphahanï.
Donc, l'on voit que les milliers de pages ont été écrites sur la différence des Corans de diverses villes et régions et en dénombrant quelques brefs exemples concis de la différence des corans d'Imam Ali et des secrétaires du prophète d'islam, nous verrons en quoi le Coran actuel - appelé désormais le Coran d'Othman- diffère des autres.
Quelles furent les différences de corans entre les secrétaires du prophète de l'Islam et du d'Othman ?
En ce qui concerne le Coran d'Imam Ali, nous avons dit, lors des pages précédentes, que d'abord, il fut ordonné en fonction des dates des créations poétiques (dates des révélations) et ensuite, que les versets abrogatifs et abrogés furent relevés dans ce livre.
Hassan Ibn Abasse raconte qu'il avait entendu de Hokm Ibn Sahir, qui l'avait, lui, entendu d 'Abdé Kheir qui finalement, l'avait entendu lui-même entendu d'Imam Ali, que la première personne ayant rassemblé le Coran de sa mémoire fut (Imam) Ali, et que ce Coran était gardé dans la famille de Djaffar ; et j'ai vu chez Abou Hamzéh Hassani - béni soit-il - un coran écrit avec l'écriture d'Ali Ibn Abi Taléb et dont quelques feuillets étaient abîmés, et ce Coran était resté dans la famille de Hassan en héritage selon l'ordre des sourates, et d'après la révélation.... (Al Féhrést Ibn Nadîm-La liste d'Ibn Nadîm- Page 147).
Il est intéressant de savoir que les autres Corans furent disponibles jusqu'à une certaine époque puis ont été perdus soudainement dans quelque sombre recoin de l'histoire. Il se peut que l'on retrouve leurs traces dans des bibliothèques ou des musées, et je m'engage à l'avenir à signaler par écrit toute découverte personnelle à ce sujet.
Le Coran d'Abd Allah Ibn Massoud
Fazl Ibn Châsan dit : l'ordre des sourates du coran de Mossahéf d'Abdo Allâh Ibn Massoud fut, dans un ordre différent de celui d'aujourd'hui : da Abi Lahab Va Ghad Tab Ma Aghnâ Maléhou Va Ma Cassab (Que les deux mains d'Abi Lahab périssent et qu'il périsse lui-même, ses richesses et ses oeuvres ne lui serviront à rien )-..." (Al Phéhreste d'Ibn Nadim-La liste d'Ibn Nadim).
Pour ne pas nous étaler, nous n'avons pas cité les noms de toutes les sourates, mais l'on trouve cinq problèmes dans le coran d'Abd al Rahaman Ibn Massoud :
1 - Le nombre et l'ordre des sourates diffèrent considérablement de ceux du Coran d'Othman, car dans le coran d'Ibn Massoud, il n' y a que cent dix sourates, telles que nous les avons dénombrées.
2 - Les noms de beaucoup de sourates sont plus longs que ceux du Coran d'Othman.
3 - Il y a deux sourates nommées "Sadjdéh" (prosternation).
4 - Il y avait quelques sourates supplémentaires, comme " Havâmime " ou " Mossabahât " dans le coran d'Ibn Massoud, et qu'on ne trouve pas ailleurs.
5 - Certains versets du Coran d'Ibn Massoud diffèrent de ceux du Coran d'Othman, surtout par la sourate Va al Assre dont l'on ignore le contenu dans le coran d'Othman. Il en est ainsi dans le coran d'Ibn Massoud :
"J'en jure par l'heure de l'après-midi, l'homme travaille à sa perte. Tu en excepteras ceux qui croient et pratiquent les bonnes oeuvres, qui recommandent aux autres la vérité et la patience !"
Le Coran d'Abi Ibn Kab
Fazl Ibn Ghasan dit : L'un de nos proches en qui l'on a confiance disait : j'ai trouvé l'ordre des sourates du Coran tel que celui d'Abi Ibn Kab, à Bassora, dans un village qui s'appelait Ghariat al Ansar à douze kilomètres de Bassora, chez Mohammad Ibn Maléké Ansari, qui nous a montré un Coran et dit : ce Coran appartient à mon père et nous le tenons de nos ancêtres. J'y ai jeté un coup d'oeil et en ai extrait les débuts et les fins des sourates ainsi que le nombre de leurs versets. Au début il y avait : Fatéhat al Kétab (l'ouverture du livre)-Bagharéh (la vache)- Néssâ (les femmes)- Allé Omran (la famille Omran) -Anâm (les bienfaits) -Eerâf (le purgatoire)- Maédéh (la table) - je doute qu'il ait eu la sourate (Younesse-Jonas)- Anfâl (les surestimations) -... Davoud (David) ... Tahâr (les propres) ...Insân (l'homme)... Nabi Aliéh al Salam (le missionnaire auquel salut)...Hai Ahl al Kétab les gens du livre) - Lam Yacon Aval Makan ... trois versets...B al Kofar Molhagh et ainsi de suite...Tous les versets furent au nombre de six mille deux cent dix. ( Al Féhreste -La liste d'Ibn Nadime Page 46).
Enfin, l'ensemble des sourates du Coran de Ben Kab n'atteignait pas les cent seize et un bon nombre de sourates de ce Coran n'existent pas du tout dans le Coran d'Othman. Comme les sourates Davoud (David), Tahâr (les propres), Nabi Aliéh al Salâm...
Hassan ABBASI
1月20日
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Par Leïla Salam lundi 7 février 2005 |
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Les relations entre juifs et arabes remontent à l’époque préislamique, mais c’est pendant l’âge d’or de la civilisation musulmane que leurs liens vont se renforcer pour donner naissance à une symbiose judéo-arabe exceptionnelle.
L’orient de cette époque était celui du délice, des merveilles et de l’harmonie, mais aussi celui de la passion du savoir et de la connaissance, « alors que l’Europe se débattait dans un moyen âge de conflits et de blocage, le monde arabe était le théâtre d’une admirable civilisation » écrit Sigrid Hunke. Et c’est en Andalousie, lieu de nostalgie et d’enchantement, que la civilisation arabe avait atteint son apogée. Et c’est également en Andalousie que la symbiose judéo-arabe a été au zénith de sa splendeur.
Lorsque en 711 le soleil d’Allah brilla sur l’occident, les juifs d’Espagne accueillirent les musulmans en libérateurs. A l’époque, ils vivaient des périodes difficiles sous le règne des rois wisigoth. Ils subissaient les spoliations, les conversions massives et les expulsions. La conquête musulmane va non seulement les libérer du joug de leurs oppresseurs mais va permettre à « l’histoire juive de connaître sa période la plus florissante - celle qui exerça une influence exceptionnelle sur la destinée des juifs et du judaïsme » affirme Eliyahu Ashtor.
Cette rencontre de l’islam et du judaïsme a été facilitée d’une part du fait des grandes similitudes entre les deux religions et d’autre part grâce à la tolérance musulmane de l’époque.
En effet, les deux religions reposent sur la communication directe entre Dieu et l’homme et sur la loi (Shari’a pour l’islam et Halakha pour le judaïsme). Si le judaïsme a pour source la Torah écrite (Pentateuque) et la Torah orale (Mishna et Talmud), l’islam se base sur le Livre (Coran) et les traditions prophétiques (Sunna). Les deux religions possèdent aussi de multiples similitudes comme le manger, le vestimentaire, la circoncision et autres rites.
L’autre raison de la réussite de la rencontre judéo-arabe se trouve dans les prescriptions coraniques mêmes « Il ne doit pas y avoir de contrainte en matière de foi » sourate n°2 Al Baqara (la vache) verset 256, et « Vous avez votre religion et j’ai la mienne » sourate n°109 Al Kafiroun (les mécréants). Les musulmans n’ont essayé ni d’imposer leur religion par la coercition aux peuples soumis à leur pouvoir ni de s’immiscer dans leurs vies privées. Chacun pouvait pratiquer librement sa religion et conserver ses lieux de culte.
En plus de cette tolérance religieuse, la générosité légendaire de l’homme arabe du désert des temps préislamiques a fait émerger « un sentiment d’humanité universel, qui ignore les frontières, une générosité dont bénéficient jusqu’aux ennemis » rappelle Sigrid Hunke. « Ils (les musulmans) sont équitables, ne nous font aucun tort et ne se livrent à aucun acte de violence envers nous » écrit le patriarche de Jérusalem à celui de Constantinople au IXe siècle.
Les arabes refusaient toute logique d’assimilation ou d’enfermement communautariste. Cette tolérance a permis aux juifs de conserver leur identité tout en étant une partie active de la société. Ils s’ancrèrent dans la société arabe, en participant avec enthousiasme et loyauté à la réalisation de cette prestigieuse civilisation. Des poètes, des musiciens, des philosophes, des médecins, des talmudistes coopèrent avec les scientifiques et les philosophes musulmans.
Même si les juifs furent fortement enracinés dans la culture arabe, ils restèrent fidèles à leurs traditions et donnèrent un nouvel essor à leur langue et à leur culture « cette exceptionnelle symbiose excluait tout danger d’assimilation. Si les juifs d’Espagne adoptèrent la langue des conquérants arabes et, inévitablement, leurs schémas de pensée et leurs idées, il reste que les juifs préservèrent, voire enrichirent, leurs singularités avec une vigueur et une détermination inconnue jusqu’alors » ajoute Eliyahu Ashtor.
Averroès-Maïmonide : un modèle du « vivre ensemble »
« Au début, c’étaient [les musulmans] des gens simples, sans intérêt pour les arts. Mais, peu à peu, avec le développement de l’état, ils adoptèrent une culture sédentaire, tel que nul jusqu’alors n’en avait connu. Ils devinrent versés dans maints arts et maintes sciences [...] Des missions étaient chargées de trouver les traités scientifiques grecs et de les mettre en arabe[...] Ils excellèrent dans différentes disciplines, au point que nul n’aurait pu faire mieux » rapporte ibn Khaldoun dans sa Al muquaddima.
Le travail de recherche et de traduction des traités grecs fut colossal. A cet effet de nombreuses écoles « Baït Al Hikma (maison de la sagesse) » ont fleurie, permettant de restaurer et de conserver les œuvres d’Aristote, de Platon, de Porphyre... et de donner naissance à la philosophie arabe : Al falsafa
Parmi les plus grands philosophes arabes ( falasifas), on citera Al-Kindi, Al-Farabi, auteur de plusieurs études sur l’œuvre d’ Aristote. Puis plus tard, les deux maîtres à penser de générations d’Orientaux et d’Occidentaux : Abû-Ali Ibn Sîna (Avicenne) pour l’Orient musulman à tendance néoplatonicienne et le cadi Abû-I-Walid Ibn Rushd (Averroès) pour l’occident musulman à tendance aristotélicienne.
Les falasifas ont confronté la religion à la raison et la révélation à la philosophie. Pour eux la vérité de la raison doit en définitive retrouver celle de la foi car la vérité est une, quelque soit son origine arabe ou non, révélée ou obtenue par la raison.
Ces derniers ont expliqué qu’une lecture littérale au premier degré d’un texte révélé ne permet pas de déceler son sens profond et caché. Seul le raisonnement et la réflexion du philosophe peuvent éclairer un texte et expliquer ses contradictions. De ce point de vue la philosophie et l’interprétation sont, aux yeux de la loi musulmane obligatoires.
Dans ce foisonnement de la pensée et sous l’influence de la falsafa, la pensée juive qui est restée jusqu’ici hors de la philosophie (à l’exception de Philon D’Alexandrie) sort de sa léthargie pour atteindre son summum. La falsafa fut décisive dans la constitution de la philosophie juive et le Kalam (théologie musulmane) influença des penseurs juifs notamment ceux dont s’inspira le Karaïsme[4]. Parmi les plus grands philosophes juifs, on retient David Al-Muqammis, Sa’adya Gaon, Abraham ibn Daoud et surtout Abu Imran Musa ibn Maymun dit Maïmonide.
Les rencontres entre les philosophes musulmans et juifs furent particulièrement fécondes et fructueuses. Le plus bel exemple est donné par les deux précurseurs de la libre pensée, de l’esprit scientifique et du dialogue interreligieux : Avérroès[12] et Maïmonide[13].
Ces deux philosophes ont tenté de concilier la foi et la raison, le texte révélé et la philosophie grecque. Respectueux et tolérants « chacun [Avérroès et Maïmonide] parlait avec vénération de la religion de l’autre, qu’ils considéraient comme la forme la plus haute du monothéisme » et « chacun considérait le vieil Abraham comme le père commun de leurs religions jumelle et Aristote comme le maître fascinant » comme nous l’explique Jacques Attali. Ils débattirent de politique et de philosophie, firent avancer les sciences et la médecine et affrontèrent les attaques de leurs coreligionnaires qu’ils nommèrent les marchands de la religion.
Avec amour et intelligence, les deux philosophes ont su surmonter toutes les contradictions en prouvant que l’islam et le judaïsme sont parfaitement compatibles. Ils ont su contourner l’exclusivisme et la « compétition » qu’entretiennent habituellement les religions, permettant ainsi une meilleure connaissance de l’autre et une coexistence harmonieuse.
La langue savante et la langue du cœur
Le travail de traduction entrepris par les musulmans était loin d’être passif. Il fut accompagné de la création d’un vocabulaire technique et d’une terminologie philosophique et théologiques de telle sorte que l’arabe est devenue la langue savante par excellence et fut pratiquée par les philosophes et autres savants musulmans (arabes ou non) et juifs. Ainsi, Maïmonide, comme la plupart des ses coreligionnaires, a rédigé la plupart de ses oeuvres en arabe y compris son ouvrage monumental « le guide des égarés ». L’amour et l’enthousiasme des juifs pour la langue arabe n’a pas empêché l’émergence du renouveau de l’hébreu « en écrivant en arabe, en pratiquant les méthodes et les terminologies arabes, les érudits juifs se livrèrent à une investigation minutieuse de l’hébreu biblique, qui fut rapidement suivie de celle de l’hébreu michnaïque et post-biblique. Pour la première fois, la prononciation de l’hébreu, la grammaire et le vocabulaire hébraïque eurent droit à un traitement scientifique[...]. Ainsi, sous l’influence de l’arabe, l’hébreu devint un moyen d’expression structuré et raisonné » écrit Goitein.
La maturité culturelle atteinte dans certains centres juifs de l’Andalousie est frappante, explique Esther Benbessa et l’effervescence poétique juive en Espagne musulmane fut l’une des caractéristiques de cet âge d’or. Le contact avec la culture musulmane a donné naissance à une nouvelle poésie juive où le profane côtoya le sacré contrairement à la période préislamique où la poésie profane hébraïque était inexistante et la littérature juive se limitait à des textes liturgique. Les modèles arabes furent repris par les poètes juifs et les chants des plaisirs, de l’amour ou du vin s’ajoutèrent aux poèmes liturgiques. Même si elle fut composée en hébreu « la poésie hébraïque en Espagne fut un produit de la civilisation musulmane » conclut Goitein.
Une transformation profonde et irréversible
Selon Michel Arbitol, la transformation du judaïsme à la suite de sa rencontre avec l’islam fut profonde et irréversible. Elle ne se limita pas aux aspects littéraires et intellectuels mais affecta les autres domaines de la vie économique et sociale. Les juifs pratiquèrent divers métiers et certains, comme Hasdai Ibn Shaprut et Samuel Ibn Naghdela, occupèrent des postes importants dans le gouvernement du calife.
En plus de sa position d’homme d’Etat, Ibn Shaprut fut un grand mécène et aida de nombreux hommes de lettres juifs dont les œuvres comptent parmi les plus belles créations. Parmi les bénéficiaires, on retrouve Menachem b. Saruq, auteur du premier dictionnaire hébraïque ainsi que Dunash b. Labrat, le premier à introduire la métrique arabe dans la poésie hébraïque.
Sur le plan économique la situation des juifs a radicalement changé. En effet, la plupart des juifs méditerranéens qui étaient agriculteurs avant l’islam se convertirent à l’artisanat et au commerce.
De gros commerçants et banquiers, dont les opérations s’étendirent à tout le bassin méditerranéen et à l’océan indien, émergèrent. Certains accédèrent à des fonctions politiques et financières très importantes et eurent une grande influence sur les gouvernants et sur l’administration de la vie communautaire juive.
Les juifs des autres parties de l’Europe
Pendant que les juifs Andalous menaient une vie libre, raffinée et savante, leurs coreligionnaires dans les autres contrées de l’Europe subissaient des mesures antijuives draconiennes. Il n’y eu aucun âge d’or pour eux : ni philosophes, ni poètes, ni savants. Rarement épargnés mais souvent chassés, pillés, convertis de force et même massacrés : ils ne connurent aucun répit. Tantôt accusés de tuer des enfants chrétiens, tantôt mis responsables de l’expansion de la lèpre ou de la peste ; ils furent traqués, humiliés et finirent, dès la seconde moitié du XIVème siècle, isolés dans des quartiers séparés qu’on allait appeler par la suite « ghettos ».
Il faut « restreindre les excès des juifs afin qu’ils ne lèvent plus la tête, sur laquelle pèse le joug de l’esclavage perpétuel [...] Ils doivent se reconnaître comme les esclaves de ceux que la mort du Christ a libéré alors qu’elle asservissait les juifs » écrit le pape Innocent III.
Malheureusement, les juifs d’Espagne ne tardèrent pas à subir le même sort que leurs coreligionnaires d’Europe et l’ère de tolérance et de liberté s’acheva au XIIIe siècle avec le déclin de l’islam en Espagne.
Après la bataille de 1212, les musulmans ne conservèrent que le royaume de Grenade et la majorité des juifs d’Espagne allait vivre désormais sous des régimes chrétiens. L’élite juive dans l’Espagne chrétienne se détourna des sciences et de la philosophie, en se consacrant à l’étude des textes sacrés et versa dans la mysticité. Les juifs s’éloignèrent progressivement de la religion rationnelle. Les anti-maïmonidiens dénoncèrent les œuvres du maître auprès des ecclésiastiques qui n’hésitèrent pas à brûler « le guide des égarés » et « le livre de la connaissance » sur la place publique.
Néanmoins, à cette époque la vie des juifs était plus ou moins foisonnante comparée à celle des autres juifs d’Europe et le Sefer ha-Zohar, grand ouvrage du courant ésotérique de la Kabbale, fut écrit à cette époque.
Cependant le zèle religieux croissant combiné à la crise économique des années 1380, raviva l’hostilité des chrétiens envers les juifs et les violences s’accentuèrent. Désormais, les juifs n’avaient guère le choix qu’entre la conversion ou le bûcher.
L’Espagne d’inquisition ne s’arrêta pas à une intolérance religieuse et glissa progressivement vers un racisme d’Etat qui finit en une déportation et en une épuration ethnique. Ainsi tous les « marranos » (« porc » en espagnol pour désigner les juifs convertis de force) et tous les morisques (musulmans convertis de force) furent déportés hors du royaume d’Espagne avec des pertes humaines considérables[14].
La plupart des juifs se réfugia dans les pays musulmans où les portes leur restaient grandes ouvertes : en Afrique du nord, en Turquie, en Palestine, en Egypte, en Syrie... Ils s’y installèrent, constituèrent les foyers de séfarades et conservèrent leur langue, la liberté du culte et leur culture d’origine.
Nostalgie et espoir
La période florissante judéo-arabe est « à coup sûr la plus profuse, la plus vaste et la plus créative peut-être des vingt siècles d’histoire [du judaïsme] » affirme G. Bensussan. L’essoufflement de la pensée juive qui s’ensuivit a laissé place à des sociétés closes, superstitieuses et renfermées : il n’y eu aucune philosophie juive de la Renaissance.
Après l’expulsion ibérique, la kabbale Sefer Zohar, qui était limitée à un cercle restreint d’érudits et de savants, se popularisa et se transforma en un courant messianique : la kabbale de Safed (ou le lourianique).
Ce courant donnait un sens aux malheurs et aux tragédies des exilés comme une rédemption divine. Le Lourianisme se mua ensuite en mouvement Sabataïsme, une forme pervertie et dévoyée qui menaça l’existence même du judaïsme.
Puis, le désespoir de ne voir le messie Sabataï renverser le sultan turc et lui prendre Eretz-Israël pour sauver les Juifs des persécutions de Pologne du XVIIIe siècle détourna les juifs vers un autre mouvement : le Hassidisme.
Ce courant mystique se répandit très vite parmi les Juifs polonais et renforça leur sentiment religieux. En même temps il obscurcit les esprits, s’opposa à tout enseignement profane et à la culture européenne et enferma les juifs dans un autre type de ghetto maintenu par les rabbins.
La relève de la philosophie juive de la période arabo-médiéval ne fut assurée que beaucoup plus tard par la Haskala (lumières juives allemande). Ce mouvement hostile au Hassidisme fut initié par Mendelssohn qui s’est inspiré de Maïmonide pour concilier la religion et la raison.
Les tenants de la Haskala étaient, d’une part favorables à l’émancipation des juifs et à leur dissolution complète dans le reste du monde, mais ils prônaient par ailleurs l’établissement d’un Etat juif, qui selon eux, était la seule garantie de liberté et de sécurité pour les juifs opprimés. Cependant l’assimilation des juifs à la société allemande a fini par un divorce tragique et l’établissement de l’Etat d’Israël n’a pu apporter aux juifs ni sécurité ni liberté puisqu’il les a emmurés dans un nouveau ghetto.
La réussite de la coexistence judéo-arabe reste donc un modèle du « vivre ensemble » à méditer.
Toutes les civilisations ne sont pas éternelles et la civilisation musulmane n’échappa pas à cette règle. De cette période reste la nostalgie et l’espoir d’une reconnaissance de la splendeur d’une période qui a marqué profondément les consciences et le cours de l’aventure humaine.
Le dénigrement voire la négation des apports civilisationnels arabo-musulmans dans l’essor de l’Europe moderne est une entreprise non sans arrières pensées colonialistes. Ce négationnisme tente de légitimer les conquêtes coloniales comme une œuvre civilisatrice. Et comment peut-on civiliser un peuple si ce même peuple vous a guidé vers la lumière de la civilisation !
Bibliographie
[1] Jews of Moslem Spain Vol 1/2/3 by Ashtor, Eliyeah., Jewish Pubn Society/1993
[2] Jews And Arabs : A Concise History Of Their Social And Cultural Relations de S. D. Goitein Dover Publications / 2005
[3] La Confrérie des Eveillés de Jacques Attali chez Fayard
[4] Qu’est-ce que la philosophie juive ? Gérard Bensussan, Midrash,2003
[5] Le soleil d’Allah brille sur l’occident, Sigrid Hunke, Albin Michel, 1963
[6] Histoire des juifs sépharades, Esther Benbessa et Aron Rodrigue, Histoire, 2002
[7] Le passé d’une discorde, Michel abitol, Perrin, 2003
[8] Le judaïsme moderne, Maurice-Ruben Hayoun, Presse universitaire de France, 1989
[9] AufklärungLes lumières allemandes, Gérard Raulet, Flammarion, 1995
[10] Les grandes questions juives, Encyclopédie planète,
[11] Al Muqaddima Ibn Khaldoun Traduction par Vincent Monteil, Sinbad, 1967
[12] Avvéroès : http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s
[13] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFmonide
[14] http://www.oulala.net/Portail/article.php3 ?id_article=1157
Leïla Salam
par Daniel Pipes New York Sun 10 janvier 2006
Version originale anglaise: The Mystical Menace of Mahmoud Ahmadinejad
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
Grâce au président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, un nouveau terme est apparu dans le vocabulaire politique: mahdaviat.
Il s'agit, comme on pouvait s'y attendre, d'un terme technique religieux. Mahdaviat est un dérivé de mahdi, un terme arabe signifiant «le bien guidé» et désignant un personnage central de l'eschatologie islamique. Comme l'explique l'Encyclopedia of Islam, il est «le restaurateur de la religion et de la justice, celui qui régnera avant la fin des temps». Ce concept trouve son origine dans les premières années de l'Islam et, avec le temps, a été plus particulièrement associé à sa branche chiite. Alors qu'«elle n'atteignit jamais le rang d'élément essentiel dans la doctrine religieuse sunnite», poursuite l'encyclopédie, «la croyance en un mahdi de la famille du prophète devint un aspect central de la foi chiite radicale», où elle est également connue sous l'appellation de «retour du douzième imam».
Le mahdaviat désigne donc la foi en la venue du mahdi et les efforts pour préparer son retour.
Dans un reportage d'une grande qualité, Scott Peterson, de Christian Science Monitor, expose toute l'importance du mahdaviat dans les ambitions d'Ahmadinejad et explore les incidences de cette foi dans sa politique.
Par exemple, en 2004, alors qu'il était maire de Téhéran, Ahmadinejad semble avoir discrètement incité le Conseil municipal à construire une grande avenue en guise de préparation à la venue du mahdi. Une année plus tard, en tant que président, il alloua 17 millions de dollars à l'érection d'une mosquée en carrelage bleu, intimement associée au mahdaviat, à Jamkaran, au sud de la capitale. Il initia également la construction d'une ligne ferroviaire directe entre Téhéran et Jamkaran. Il aurait plongé une liste des membres de son cabinet dans un puits adjacent à la mosquée de Jamkaran pour bénéficier d'une supposée influence divine.
Il aborde fréquemment le sujet, et pas uniquement avec des Musulmans. À l'occasion de son discours aux Nations unies de septembre dernier, Ahmadinejad déconcerta les dirigeants mondiaux composant son auditoire en concluant son exposé par une prière pour la venue du mahdi: «Ô Seigneur tout-puissant, je te prie de hâter la venue du dernier dépositaire de tes secrets, le Promis, cet être humain parfait et pur qui remplira ce monde de justice et de paix.»
À son retour en Iran depuis New York, Ahmadinejad évoqua en ces termes l'effet de son discours:
Un membre de notre groupe me dit que lorsque je commençai à dire «Au nom de Dieu, le tout-puissant, le miséricordieux», il distingua une lueur autour de moi et j'étais dés lors placé à l'intérieur de cette aura. Je l'ai senti moi aussi. J'ai senti l'atmosphère changer tout à coup et, durant ces 27 à 28 minutes, les leaders mondiaux ne clignèrent plus des yeux. (…) Et ils étaient captivés. C'était comme si une main s'étaient emparés d'eux et maintenait leurs yeux ouverts pour recevoir le message de la République islamique.
Ce que Peterson appelle l'«obsession présidentielle» du mahdaviat inspire à Ahmadinejad «une certitude qui ne laisse que peu de place au compromis. Le comblement du fossé entre riches et pauvres en Iran, le défi lancé à l'Amérique et à Israël et la création d'un programme d'armement nucléaire – toutes ses initiatives s'inscrivent dans la préparation du retour du mahdi.»
«Le mahdaviat est un code désignant la révolution [islamique iranienne], c'est l'esprit même de la révolution», indique le directeur d'un institut dédié à l'étude et à l'accélération de la venue du mahdi. «Ce type de mentalité vous rend très fort», relève Amir Mohebian, le responsable de la rubrique politique du quotidien Resalat. «Si je crois que le mahdi va arriver d'ici deux, trois, quatre ans, pourquoi agirais-je avec ménagement? C'est le moment de se montrer fort, pur et dur.» PBS relate que certains Iraniens «s'inquiètent de ce que leur nouveau président n'a aucune crainte de l'effervescence internationale, qu'il peut simplement la considérer comme un signe de Dieu».
Le mahdaviat a des implications directes et préoccupantes pour la confrontation entre l'Amérique et l'Iran, comme le déclara Hamidreza Taraghi, un supporter d'Ahmadinejad et membre de la Coalition islamique, un groupe partisan d'une ligne dure. Cela suppose en effet de considérer Washington comme le rival de Téhéran, voire comme un faux mahdi. Pour Ahmadinejad, la première priorité consiste à défier l'Amérique, et plus spécifiquement à lui opposer un modèle puissant créé sur la base de la «démocratie islamique». Hamidreza Taragui prévoit de graves problèmes, à moins que les Américains ne changent fondamentalement leur approche.
Je préfère la formulation inverse. Les plus dangereux dirigeants de l'histoire moderne sont ceux qui (comme Hitler) disposaient d'une idéologie totalitaire et d'une foi mystique en leur propre mission. Ahmadinejad remplit ces deux critères, comme le révèlent ses commentaires sur son discours aux Nations unies. Cette combinaison, ajoutée à un projet d'arsenal nucléaire, en fait un adversaire qu'il faut absolument stopper. De toute urgence. 11月7日
Un activiste d’el-Qaëda en détention aux États-Unis avait été présenté comme « menteur » des mois avant que l’Administration Bush ne commence à utiliser ses déclarations pour étayer certaines accusations envers l’Irak, à savoir que le régime de Saddam Hussein formait des militants d’el-Qaëda à l’utilisation d’armes biologiques et chimiques, a écrit hier le New York Times. Il est vraisemblable que le prisonnier en question, Ibn al-Cheikh al-Libi, induisait volontairement en erreur les agents qui l’interrogeaient concernant le soutien de l’Irak à el-Qaëda en matière d’armes, estime le journal, qui cite des parties d’un document de février 2002, rédigées par la Defense Intelligence Agency (Agence de renseignements de la défense), sur lesquelles le secret vient d’être levé. Le président George Bush, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire d’État d’alors, Colin Powell, ainsi que d’autres responsables de l’Administration américaine, ont cité les propos de Libi en parlant de preuves « crédibles ».
L'Europe assiégée par Daniel Pipes New York Sun 18 octobre 2005
Version originale anglaise: Europe under Siege
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
Deux développements récents illustrent de manière spectaculaire le problème d'immigration qui menace l'Europe.
L'un concerne un gang accusé d'avoir fait passer en Grande-Bretagne quelque 100 000 immigrants illégaux, essentiellement des Kurdes turcs. Ces émigrants économiques ont payé entre 3000 et 5000 livres pour franchir des trajets complexes et dangereux. The Independent explique: «Leur voyage durait plusieurs semaines et passait par des caches, des compartiments secrets de camions et, dans certains cas, des vols vers des aérodromes du sud-est.»
Un responsable de la police britannique confirme: «C'est un voyage tortueux, très inconfortable et plein de dangers, mais ils sont fermement décidés à venir ici, en raison de l'attrait particulier que représente la communauté turque établie à Londres.»
Les Turcs ne sont de loin pas les seuls à souhaiter entrer en Europe. Le deuxième développement porte sur des vagues d'Africains totalement démunis venus du sud du Sahara et tentant de franchir des clôtures pour pénétrer dans deux minuscules enclaves espagnoles de la côte méditerranéenne du Maroc: Ceuta et Melilla.
Jusque récemment encore, ces vestiges ibériques des croisades faisaient figure de témoins bizarres d'une époque révolue. Mais elles comptent aujourd'hui (avec les Îles Canaries, Lampedusa et Mayotte) parmi les points d'entrée les plus isolés et vulnérables de l'Union européenne et sont devenues de véritables tremplins pour les immigrants illégaux à destination des quatre coins d'Europe.
Melilla est une ville de 60 000 habitants possédant dix kilomètres de frontière avec le Maroc. Celle-ci est protégée par la Légion espagnole et des unités de la Garde civile marocaine, par de hautes clôtures avec des barbelés aiguisés comme des rasoirs et par les dernières technologies du domaine (capteurs, détecteurs de mouvement, projecteurs, caméras infrarouges).
L'émigrant africain typique traverse le Sahara pour rejoindre la côte méditerranéenne où il tue le temps en attendant une occasion de passer en territoire espagnol. «Nous en avions simplement assez de vivre dans la forêt», expliqua un jeune homme de Guinée-Bissau. «Il n'y avait rien à manger, il n'y avait rien à boire.»
À la mi-septembre, les Africains commencèrent à attaquer la frontière en masse. Munis d'échelles de fortune faites de branches d'arbres, ils utilisèrent leur poids pour enfoncer les clôtures. Pour reprendre les termes de l'un d'entre eux, «Nous allons en groupe et nous nous précipitons tous ensemble. Nous savons que certains passeront, que d'autres seront blessés et que peut-être que d'autres mourront, mais nous devons passer, coûte que coûte».
La tactique fonctionne. Lorsque plus de 1000 personnes tentèrent de pénétrer dans Melilla d'un seul coup, en septembre, on estime que 300 parvinrent à franchir la frontière. Au début octobre, une foule de 650 personnes se jeta sur la clôture et il semble que 350 d'entre eux aient atteint leur objectif. «Nous sommes tout simplement trop nombreux» pour être stoppés, résuma un Malien. Les estimations font état de 30 000 autres Africains qui attendent leur tour.
La confrontation a des airs de bataille rangée. Les Africains jettent des pierres aux forces de sécurité qui répliquent avec des baïonnettes, des fusils de chasse et des balles en caoutchouc. Les assauts ont fait une douzaine de victimes parmi les Africains, certains piétinés dans la ruée vers le territoire espagnol, d'autres abattus par les policiers marocains.
Finalement, Madrid sut convaincre Rabat de sévir contre le reste des Africains en attente et quelque 2000 d'entre eux furent renvoyés par avion dans leur pays d'origine tandis qu'un millier d'autres furent exilés dans le désert du sud du Maroc, loin des enclaves espagnoles. L'opération fut brutale – les Africains furent largués dans une nature hostile pratiquement sans aucune aide. Mais le message a passé. «Je vais rentrer maintenant», dit ainsi un autre Malien, en larmes. «Je ne vais pas faire une autre tentative. Je suis épuisé.»
Les moyens de communication et de transport modernes incitent toujours davantage les Turcs, les Africains et d'autres (tels que les Mexicains) à quitter leur terre natale, si nécessaire au prix de risques extrêmes, pour rejoindre le presque paradis occidental. En réaction, les Européens montrent les dents, ignorant les vœux pieux multiculturalistes tels que cette déclaration de Kofi Annan, estimant qu'«il est important que nous ne faisions pas de tentatives futiles pour empêcher les gens de traverser les frontières. Cela ne marchera pas.»
Mais la fermeture des frontières est bel et bien à l'ordre du jour. Ce n'est probablement plus qu'une question de temps pour que d'autres États occidentaux suivent l'exemple de l'Espagne et de l'Australie et recourent pour cela aux forces militaires.
Des réseaux géants de contrebande et des vagues humaines assaillant des positions fortifiées constituent la manifestation la plus crue d'un dilemme profond et croissant: comment des îlots de paix et de prospérité pourront-ils subsister dans un océan de guerres et de privations, comment une population européenne déclinante pourra-t-elle préserver sa culture historique et comment des États comme la Turquie, le Mali ou le Mexique pourront-ils résoudre leurs problèmes et non plus les exporter.
Mais aucunes solutions ne semblent apparaître et il y a tout lieu de penser que ces problèmes vont empirer. 10月11日
Par Barry Rubin, directeur de "Global Research in International Affairs Center", il publie la revue "Middle East Review of International Affairs".
Article paru dans le Jerusalem Post du 14 juin 2005
Que pensent les états arabes de la politique américaine au Moyen Orient et que devraient-ils en penser?
Il est vraiment remarquable que les erreurs de perception soient encore aujourd'hui aussi énormes, à l'ère des communications rapides, de l'Internet et de la télévision par satellite. Cependant, quelle que soit cette incompréhension de l'Occident vis à vis de cette région, l'inverse est encore plus vrai.
Le point de vue officiel et public qui prévaut dans le monde arabe et en Iran – à l'exception de quelques articles épars de libéraux – est que les Etats-Unis sont un pays impérialiste qui opprime ses musulmans et commet toutes sortes d'atrocités (1). Le thème le plus répandu est que l'Amérique est la source de tous les maux et de tous les errements et il est répété dans les écoles, les sermons, les compte-rendus du gouvernement, à la télé et à la radio, dans tous les médias et les même dans les déclarations des intellectuels.
Les radicaux mènent l'offensive contre l'Amérique, les modérés cherchent à la persuader de s'écarter du vice!
Trois sentiments prévalent à l'égard de la politique américaine et de la présidence de G W Bush, la haine, le mépris et le blâme pour son échec à résoudre les conflits, Israélo-palestinien et Irakien. Aucun qualificatif, aucun mensonge n'est épargné pour diffamer les Etats-Unis.
Cette apparente unanimité persuade même beaucoup d'Occidentaux que ces revendications sont authentiques ou du moins qu'elles représentent les ressentiments des Arabes. Une telle conclusion néglige le fait que ces sentiments sont le fruit d'une désinformation généralisée, initiée par des dictateurs cherchant à faire porter le chapeau à d'autres pour leurs propres échecs, ou par des révolutionnaires cherchant à chevaucher le sentiment de haine populaire pour se maintenir ou prendre le pouvoir. Dans tous les cas, on est face à une suppression systématique de toute voix opposée à la ligne officielle.
Mais ce n'est pas tout! Car derrière cet énorme barrage officiel, il y a un débat à deux niveaux. Il y a d'abord un débat, sinon une contestation, au sein de petits groupes d'arabes réformistes et surtout dans la majorité du peuple Iranien qui ne supporte plus le régime islamiste qu'on lui impose. Malgré des réserves surtout pour se protéger, ils acclament l'administration Bush et sa nouvelle politique, qui cherche à développer la démocratie au Moyen Orient. Cette politique est perçue par eux comme un moyen de se débarrasser des dictatures qui les oppressent. Une majorité en Irak a le même point de vue, voyant dans l'intervention américaine une libération et un moyen de se défendre contre la terreur. Même s'ils souhaitent que l'armée américaine quitte le pays aussitôt que possible, ils sont néanmoins content de sa présence.
Plus étonnant encore, il y a le niveau privé des élites qui gouvernent, ce qu'elles disent en secret ou dans les réunions officielles à huis clos. Là point n'est besoin de rhétorique ni de démagogie. Si elles veulent survivre, elles ont besoin de prévoir les réactions américaines et de savoir comment répondre. Là on trouve un mélange de crainte et de cynisme. Beaucoup de dirigeants arabes ne pensent pas que les Etats-Unis presseront trop fort pour obtenir un changement politique réel dans leur pays. Mais ils ont peur aussi que l'administration Bush ne soit vraiment sérieuse. Est-ce que celle-ci essaye de renverser les régimes actuels ou seulement cherche-t-elle à les punir pour leur conduite pendant des décennies. En conséquence, ces élites ont développé une stratégie assez sophistiquée.
Poursuivre la propagande contre l'Amérique pour être sûr que le peuple ne commence pas à penser que "démocratie, liberté, modération" sont de vraies valeurs.
Cette tactique donne la possibilité de blâmer l'autre pour ses propres erreurs, échecs et incompétence. Il faut ajouter le fait qu'elle permet aussi aux dirigeants nationalistes de prétendre assouvir les désirs des Islamistes.
Insister sur le fait qu'ils sont déjà des états démocratiques, du moins dans le cadre de leurs valeurs et traditions.
Affirmer qu'ils sont en train de procéder à toutes sortes de réformes, incluant des changements mineurs dans les droits de l'homme et dans les élections. Ainsi ces pays n'ont besoin ni des conseils ni des critiques de l'Amérique.
Réprimer efficacement toute dissension locale et toute menace par des mesures adaptées, récupération, arrestation …. Le summum de l'élégance stratégique: d'abord réprimer toute contestation intérieure sous le prétexte de la menace islamiste intégriste, ensuite jeter le blâme sur l'Amérique qui demande qu'on la rejoigne dans la lutte contre le terrorisme.
Faire le mort, car G W Bush s'en ira en janvier 2009 et son successeur aura peut-être d'autres priorités ou une autre politique. Au Moyen Orient on est patient, pas en Amérique.
Cette approche a l'air de bien marcher. En tout cas, du point de vue des dirigeants, c'est la meilleure alternative. Même le dictateur libyen, Moamar Gaddafi l'a bien compris ainsi que feu Hafez al Assad, ex président de Syrie qui ont initié cette façon de faire, chacun à sa manière, dans les années 90. Le fils Bashar ne semble pas avoir bien compris, et il joue le jeu suranné du panarabisme, celui d'une génération auparavant. Et il se trompe dangereusement.
Il faut savoir aussi qu'à la lumière de la guerre d'Irak, de la déception à l'égard des chefs palestiniens, des succès électoraux des islamistes etc…, à Washington on est en train de repenser la politique à l'égard du Moyen Orient. On cherche à mêler "realpolitik" (laisser tranquilles certains régimes arabes, l'Arabie Saoudite par exemple) et la nécessité d'une démocratisation à long terme. Surdéployés en Irak en termes de logistique et d'opinion publique, les Etats-Unis ne cherchent pas d'autres confrontations. Si aucun leader arabe ne fait de mauvais calcul – peut-être pas Bashar – le système décrit ci-dessus peut marcher encore longtemps, avec sa stagnation économique, sinon son recul, sa dictature, son idéologie bon marché, l'intransigeance palestinienne et tutti quanti.
En paraphrasant Winston Churchill, ce qui arrive aujourd'hui ce n'est pas le début de la fin, mais la fin d'un début. Mais c'est quand même un début.
Note de la traduction
(1) une diffamation récente du type "les Américains ont pollué le Coran, en le jetant dans les WC" qui rejoint les diffamations antisémites continuelles
10月10日 par Daniel Pipes New York Sun
Version originale anglaise: Christianity Dying in Its Birthplace
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
Ce que certains observateurs appellent un pogrom se déroula près de Ramallah, en Cisjordanie, dans la nuit du 3 au 4 septembre. Alors, une quinzaine de jeunes Musulmans du village de Dair Jarir saccagèrent Taybeh, un village voisin habité par quelque 1500 Chrétiens.
Le motif de cette attaque? Une femme musulmane de Dair Jarir nommée Hiyam Ajaj et âgée de 23 ans tomba amoureuse de son patron chrétien, Mehdi Khouriyye, propriétaire d'une boutique de tailleur à Taybeh. Le couple eut une relation clandestine durant deux ans. Puis, la femme fut enceinte vers le mois de mars 2005. Lorsque les membres de sa famille l'apprirent, ils l'assassinèrent. C'était le 1er septembre à peu près. Insatisfaits par ce «meurtre d'honneur» – car la loi islamique interdit formellement à des non-Musulmans d'avoir des relations sexuelles avec des Musulmanes –, les hommes de la famille Ajaj voulurent se venger de Khouriyye et de sa famille.
Deux jours plus tard, ils attaquèrent Taybeh. Les Ajaj et leurs amis s'introduisirent de force dans les maisons et y volèrent des meubles et des appareils électriques. Ils lancèrent des cocktails Molotov contre certains bâtiments et répandirent du kérosène sur d'autres, puis les incendièrent. Les dégâts portent sur au moins 15 maisons, quelques magasins, une ferme et une station-service. Les assaillants détruisirent également des voitures, pillèrent massivement et démolirent une statue de la Vierge Marie.
«C'était comme une guerre», déclara un habitant de Taybeh au Jerusalem Post. Des heures s'écoulèrent avant que les services de sécurité et les pompiers de l'Autorité palestinienne n'arrivent sur place. Les 15 assaillants ne passèrent que quelques heures dans les locaux de la police avant d'être libérés. Mais Khouriyye a été arrêté par la police arabe palestinienne, maintenu en détention et, selon les dires de sa famille, frappé à plusieurs reprises.
Comme le relève le service d'informations Adnkronos International, pour les Chrétiens palestiniens, «le fait que les agresseurs musulmans aient été relâchés alors que le propriétaire chrétien de la boutique de tailleur soit encore en détention symbolise au mieux l'indifférence de l'AP devant la situation désespérée des Chrétiens palestiniens et au pire son parti-pris à leur encontre».
Un cousin, Suleiman Khouriyye, dit en désignant sa maison incendiée: «Ils ont fait cela parce que nous sommes Chrétiens. Ils ont fait cela parce que nous sommes en position de faiblesse.» Les Khouriyye et d'autres se rappellent les assaillants hurlant «Allahu Akbar» et des slogans antichrétiens tells que: «Brûlez les infidèles, brûlez les croisés." Ce à quoi un cousin non-repenti de Hiyam Ajaj réplique: «Nous avons brûlé leurs maisons parce qu'ils ont déshonoré notre famille, pas parce qu'ils sont chrétiens.»
Cette attaque s'inscrit dans un contexte plus large. Selon le custode catholique de Terre Sainte, Pierbattista Pizzaballa, les Chrétiens de la seule région de Bethléem sont subi 93 cas d'injustice entre 2000 et 2004. Le pire d'entre eux s'est déroulé en 2002, lorsque des Musulmans assassinèrent les deux sœurs Amre, âgées de 17 et 19 ans, qu'ils qualifiaient de prostituées. L'autopsie révéla cependant que les deux adolescentes étaient vierges – et qu'elles avaient été torturées au niveau des organes génitaux.
«Presque quotidiennement – je répète, presque quotidiennement –, notre communauté est harcelée par des extrémistes islamiques dans ces régions», ajoute M. Pizzaballa. «Et si ce ne sont pas les membres du Hamas ou du Djihad islamique, ce sont des heurts avec (…) l'Autorité palestinienne.» Outre les islamistes, on parle aussi d'une «mafia musulmane». Celle-ci, avec la complicité de l'AP, menacerait les propriétaires chrétiens de terres et d'immeubles, parvenant ainsi souvent à les obliger à abandonner leur propriété.
La campagne de persécution réussit. Alors que la population chrétienne d'Israël augmente, celle des territoires palestiniens chute précipitamment. Bethlehem et Nazareth, deux villes chrétiennes historiques depuis près de deux millénaires, sont maintenant majoritairement musulmanes. En 1922, les Chrétiens étaient plus nombreux que les Musulmans à Jérusalem; aujourd'hui, ils ne constituent plus que 2% de la population de la ville.
«Se peut-il que la présence chrétienne se retrouve réduite à des églises vides et à une hiérarchie sans congrégation et sans ouailles sur le lieu même de la naissance du Christianisme?» se demande Daphne Tsimhoni dans le Middle East Quarterly. On voit mal en effet ce qui pourrait empêcher cette vision de devenir réalité.
L'un des facteurs susceptibles de prévenir cette issue serait une prise de position claire des principales églises protestantes contre les harcèlements et les expulsions des Chrétiens palestiniens par les Musulmans palestiniens. Pour l'instant, hélas, l'Église épiscopale, l'Église luthérienne évangélique, l'Église méthodiste, l'Église presbytérienne ainsi que l'Église unifiée du Christ choisissent d'ignorer le problème.
Au lieu de réagir, elles se complaisent dans l'expression de critiques moralisatrices contre les spectateurs israéliens et vont même jusqu'à leur retirer leurs fonds d'investissement. En les voyant s'obstiner ainsi contre Israël et rester silencieuses au spectacle du Christianisme qui se meurt sur les lieux de sa naissance, on se demande bien ce qui pourra les sortir de leur torpeur.
10月7日 "On était habitué aux vidéos des terroristes. Maintenant, Al-Qaida va plus loin. Le réseau terroriste diffuse via Internet des 'journaux télévisés' complets à télécharger. Intitulées 'La voix du califat', ces émissions seraient hebdomadaires. Deux éditions existent déjà", raconte le magazine allemand Der Spiegel, qui a visionné les fichiers.
Au début de l'émission, le présentateur – il s'exprime dans un arabe classique qui ne permet pas de localiser son origine géographique - salue poliment ses auditeurs. "Mais l'image est en décalage avec les paroles : l'homme porte l'uniforme et il est masqué. A côté de lui, on aperçoit un Coran et une mitraillette." Ces détails mis à part, tout se passe comme dans un véritable journal télévisé : il y a un logo à la manière d'Al-Jazira, des sous-titres et des sujets sur la Palestine, l'Irak, l'Afghanistan, les enfants musulmans souffrant de malnutrition au Niger, sans oublier des images de La Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina, ce "soldat de Dieu". Et il n'est pas sans intérêt de noter qu'Abou Moussab Al-Zarqaoui vole la vedette à Oussama Ben Laden en tant que héros principal du combat islamiste armé.
Ces émissions de propagande sont produites par le Front global des médias islamiques (GIMF), "sans doute un réseau appartenant à la nébuleuse Al-Qaida et spécialisé dans les relations publiques", selon la définition donnée par Der Spiegel. En effet, "depuis quelques années, le GIMF fonctionne comme une sorte de filtre dans le web islamiste : seules les revendications et les textes théoriques paraissant sur l'une de ses adresses seraient authentiques", note le magazine.
Peut-on évaluer l'impact de cette nouvelle offensive de propagande ? "Jusqu'à présent, les téléchargements ne dépassent pas les quelques centaines, et l'écho au sein des forums de discussion islamistes est relativement faible." 9月15日 par Daniel Pipes Philadelphia Inquirer 11 septembre 2005 Version originale anglaise: What If the United States Had Not Invaded Iraq
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
Beaucoup de choses seraient différentes si George W. Bush n'avait pas décidé d'envahir l'Iraq.
À certains égards, la situation serait pire:
La population iraquienne souffrirait encore sous le joug totalitaire de Saddam Hussein. L'économie chancelante, les voitures piégées et les troubles ethniques que les Iraquiens subissent aujourd'hui sont des maux bien moindres que la pauvreté, l'injustice, la brutalité et la barbarie qui caractérisaient leur sort entre 1993 et 2003.
La sécurité régionale serait menacée. Saddam Hussein a envahi deux pays (l'Iran en 1980, le Koweït en 1990) et lancé des missiles contre deux autres (l'Arabie Saoudite et Israël); il y a de fortes chances qu'il eut commis d'autres agressions, peut-être cette fois pour entraver le transport de pétrole par le Golfe Persique. En outre, il parrainait le terrorisme suicidaire contre Israël et entretenait des relations étroites avec le régime voyou de Bashar El-Assad en Syrie.
La sécurité des États-Unis serait compromise aussi longtemps que l'Iraq serait dirigée par un mégalomaniaque en mesure de fabriquer et désireux d'utiliser des armes de destruction massive. Saddam Hussein fit la démonstration de cette disposition dès 1988 en déployant des gaz toxiques à plusieurs reprises, et ceci même contre sa propre population (tuant ainsi 5000 personnes dans un village en 1988). Ses liens avec Al-Qaida pourraient l'avoir conduit à coopérer avec ses dirigeants en vue de faire usage d'ADM aux États-Unis.
Mais, si la guerre n'avait pas eu lieu, la situation serait plus favorable à d'autres égards:
L'attitude des Européens envers l'Amérique se serait améliorée. Les résultats de sondages et d'autres indications montrent que la guerre d'Iraq déclencha une hostilité internationale sans précédent depuis 1945 contre les Américains.
L'agitation des musulmans a été exacerbée par la guerre. Un fort mouvement de radicalisation s'est fait jour non seulement dans les pays à majorité musulmane (la Turquie, la Jordanie et le Pakistan sont de bons exemples), mais aussi dans des pays occidentaux (tels que le Royaume-Uni).
La politique intérieure des États-Unis serait moins turbulente sans la guerre. La solidarité apparue au lendemain des attentats du 11 septembre s'était déjà estompée avant le début de la guerre d'Iraq en mars 2003, mais cette décision aggrava les tensions, symbolisées par les emportements qui accompagnèrent les élections présidentielles de 2004.
Pour généraliser, les avantages de la guerre sont essentiellement liés à des questions de sécurité, et ses inconvénients apparaissent principalement au niveau de l'image et des attitudes. Le monde est plus sûr avec un Saddam Hussein qui attend son jugement en prison, mais il est aussi plus divisé. L'administration Bush s'est imposée sur le plan militaire, mais elle a échoué sur le terrain politique.
Dans l'ensemble, la guerre s'est révélée plus positive que négative. L'impopularité et l'acrimonie sont un prix qu'il vaut la peine de payer pour que le gouvernement iraquien ne mette plus en danger les Iraquiens ou le reste du monde.
Autres objets dans la catégorie Politique étrangère 9月8日
Il y a environ 1,25 milliards de musulmans dans le monde, dont les deux tiers en Asie (190 millions pour la seule Indonésie soit 90% de la population). En Afrique subsaharienne, le Nigéria représente la plus grosse communauté musulmane (environ 45 millions pour 100 millions d’habitants), soit un tiers des musulmans d'Afrique Subsaharienne. Plus de 4 millions de musulmans habitent en France, soit environ 7% de la population. Voici quelques repères qui aident à comprendre la complexité de la présence musulmane dans le monde.
Islam dans le monde
Depuis la mort du Prophète, l'islam sunnite (90% des musulmans du monde) avait pour guide spirituel le calife. Même si le rôle de celui-ci était devenu souvent symbolique, la fin du califat, décrétée en 1924 par Mustafa Kemal Atatürk, fondateur et premier président de la République turque (1881-1938), a fait disparaître le seul lien visible d’unité de la communauté musulmane, au point que l’islam ne peut aujourd’hui se comprendre que comme un ensemble complexe de situations géographiques, politiques, religieuses très différentes. En réalité, il n'y a pas un islam, mais des islams. L'islam rencontré en France, marqué par l'immigration maghrébine sera fort différent de l'islam rencontré en Angleterre, marqué par l’immigration indienne et pakistanaise. Ceci à tel point que le Français est souvent très surpris d'apprendre que les arabes ne représentent que 16% des musulmans du monde : il y a plus de musulmans en Indonésie que dans l'ensemble des pays arabes. On parle bien de la umma, la communauté musulmane, mais celle ci, tout en garantissant une certaine solidarité entre croyants musulmans doit se comprendre dans la diversité. Une diversité géographique, politique et religieuse Deux musulmans sur trois viennent de l'Asie. L'Indonésie (190millions soit 90% de la population), l'Inde (130 M. soit 13% de la p.), le Pakistan (120 M. soit 95% de la p.), le Bangladesh (115 M. soit 85% de la p.). sont les pays à plus forte population musulmane. L'islam y est très marqué par l'histoire de ces pays, notamment depuis la décolonisation. Les pays arabes, bien que minoritaires en nombre gardent une grande influence intellectuelle et spirituelle sur le monde musulman : Les grandes universités religieuses de l'Égypte, de Tunisie et du Maroc restent très prestigieuses dans l'ensemble du monde musulman. L'Arabie Saoudite, à la fois parce qu'elle veille sur la Mekke et Médine, les deux premières « villes saintes » de l'islam, et aussi grâce au pétrodollars qui financent des missions islamiques partout dans le monde, est devenue également très influente... ceci malgré un régime religieux ultra-fondamentaliste : le wahhabisme. La chaîne télévisée arabe al Jazira, qui émet des prédications et des émissions religieuses dans le monde entier, 24 heures sur 24, depuis le Qatar, a tendance à devenir une référence religieuse pour le monde entier. Quatre grandes écoles juridiques sont en vigueur dans le monde sunnite : plus ou moins ouvertes à l’interprétation du Coran elles cherchent à voir comment l'islam peut aider les musulmans à vivre dans le monde de notre temps et donnent des règles d'interprétation pour le droit musulman (fiqh).
Entre tradition et modernité Le Moyen Age a été une période extrêmement féconde pour l'islam. C'est au monde arabo-musulman que l'Occident doit un grand nombre de ses sciences : philosophie, médecine, astronomie... Cependant, à partir du 16ème siècle, les grandes découvertes, puis la révolution industrielle ont donné à l'Occident une longueur d'avance sur le plan économique, technique et culturel. A la fin du 19ème siècle, des musulmans, commençant à voyager dans le monde, prennent conscience de ce retard et invitent à une renaissance (nahda) de l'Islam. Depuis un siècle, les tentatives de réformes seront multiples ; on pourrait les regrouper en trois grandes tendances :
- La tendance traditionaliste soutient que le retard de l'islam est du à la corruption de l'islam avec l'Occident et les valeurs autres que l'islam. Elle cherche donc à retourner à un islam plus originel, souvent très idéalisé. Dans ce sillage, on peut placer la réforme wahhabite en Arabie Saoudite ou la création des frères musulmans en Égypte. Avec l'échec politico-économique des gouvernements mis en place après la décolonisation et l'augmentation du fossé entre pays riches et pays pauvres, ces mouvements trouvent aujourd’hui un certain écho auprès des populations défavorisées et peu éduquées. La forme radicale se répand à travers tous les groupuscules islamistes terroristes.
- L'idée de la tendance laïque était, sur le modèle occidental, de séparer État et religion. Lorsqu’en 1924 la Turquie décrète la fin du Califat, l'événement suscite une vague d'espoir et de renouveau dans les milieux intellectuels musulmans : laïcité, patrie, liberté d'opinion,... deviennent le leitmotiv des penseurs musulmans. Le mouvement a été très fort dans les années 50 en Égypte autour de Nasser, puis en Syrie et Irak avec le parti Baas. L'échec des politiques socialistes qui les ont accompagnées et les dictatures qui ont progressivement vu le jour en Syrie et en Irak ont aujourd'hui fortement remis en cause ces modèles.
- La tendance moderniste cherche à repenser l'islam à frais nouveaux, c’est-à-dire sans se contenter de répéter les interprétations vieilles de plusieurs siècles : Ils veulent relire le Coran à la lumière des sciences modernes et des avancées technologiques pour prendre à bras le corps les mille questions qui se posent aujourd'hui à l'islam (L'islam est il forcément lié à l'État ? Faut il appliquer la charia ? Et quelle charia ? Quelle liberté religieuse dans l'islam ? Quelle représentation de l'islam ? Comment interpréter le Coran ? L'islam est il fataliste ? ... ) Il n'y a pas actuellement d'école moderniste officielle, mais plutôt une nébuleuse de penseurs qui, dans tous les pays du monde, écrivent et enseignent pour faire évoluer les choses. Ils luttent, parfois au prix de violente persécution, pour présenter un islam ouvert qui prenne du recul sur 10 siècles de fermeture de la pensée religieuse et propose des solutions nouvelles adaptées au monde de notre temps.
L'Islam de France
Les vagues successives d'immigration Au début du XXème siècle, l’islam est quasiment absent sur le sol métropolitain, mais très présent dans les colonies. C’est pourquoi, au lendemain de la guerre de 14 18, est décidé la construction d'une mosquée à Paris pour rendre honneur aux soldats musulmans morts pour la France. La guerre de 39 45 va lier encore plus étroitement le sang des musulmans et celui des chrétiens pour la Patrie. Lorsque pendant la période de reconstruction d’après guerre, le besoin de main d’œuvre se fera sentir, c’est tout naturellement que la France fera appel à une main d’œuvre maghrébine entraînant ainsi un important flux d'immigrés musulmans, qui pour l'heure, se considéraient comme temporairement en France. L'islam commençait alors à être présent, mais bien peu visible, puisque les maghrébins qui pensaient n’être en France que pour un temps ne manifestaient que très peu leur revendications religieuses.
Mais le choc pétrolier a ouvert une nouvelle période ; les familles se sont regroupées en France et s'y sont enracinés ; leurs enfants sont nés en France, ont été scolarisés et se sont mariés en France. Dès lors, toute idée de retour au pays disparaissait : la plupart de ces familles musulmanes ont désormais la nationalité française et c’est bien un islam de France qui va progressivement se mettre en place. Aujourd’hui, il y a environ 4 millions de musulmans en France.
Une recherche identitaire Une recherche identitaire poussera les nouvelles générations à s'affirmer à la fois comme français et comme musulmans. C’est dans cette perspective qu’ils cherchent à retrouver leur racines musulmanes malgré un contexte difficile : Leurs parents n’ont pas toujours su comment transmettre ces repères religieux dans un contexte si différents de leur pays d’origine et la société française, basée autour d’une idée très stricte de laïcité, ne laisse à la religion aucune place dans la sphère publique. Différentes associations de toutes tendances voient alors le jour pour aider les musulmans à s’organiser avec parfois des attitudes assez revendicatrices vis-à-vis de la société française.
Face à cette situation, les pouvoirs publics ne commenceront à réagir que lorsque quelques affaires viennent porter ce malaise au grand jour : trois d'entre elles vont éclater en 1989 : - La question de la liberté religieuse et du respects des religions avec l'affaire Salman Rushdie, écrivain condamné à mort par une fatwa de l'imam Khomeyni. - La question des lieux de culte avec l'affaire de la destruction de la mosquée de Charvieux dans l'Isère. - La question de la laïcité à l’école avec les trois collégiennes de Creil qui, refusant d'enlever leur voile, avaient été exclues du collège.
La mise en place de nouvelles structures Aujourd'hui, l’islam de France s’organise peu à peu, mais doit faire face à de nombreux problèmes : Comment financer la construction et l’aménagement de ces lieux de culte ? Où peut-on trouver, former et financer des imams qui soient biens intégrés dans la société française? Où peut-on enterrer les morts lorsque les communes n’ont pas aménagé de carré musulman dans les cimetières ? Comment trouver des aumôniers musulmans pour les prisons, les hôpitaux ? Peut-on ouvrir des écoles musulmanes sous contrat comme il en existe pour les chrétiens et les juifs ? Comment assurer l’abatage rituel du mouton pour la fête de l’aïd ? Comment organiser la distribution de la viande halal ? etc.
C’est pour répondre à toutes ces questions et pour permettre à l’islam de France de s’organiser que le gouvernement, depuis 1989, essaie de mettre en place une structure représentative de l’islam de France qui puisse être sont interlocutrice au niveau de l’Etat et des régions. Les récentes élections qui ont été organisées dans les différents lieux de culte, en avril 2003, ont permis de mettre en place le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) dans laquelle sont représentées des tendances très différentes. Les trois principales fédérations d’associations représentées sont : - La Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF) qui regroupe essentiellement les associations d’origine marocaine. - La grande Mosquée de Paris, très liée avec le gouvernement algérien, qui finance environ 70 salaires d’imams sur l’ensemble de la France. - L’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) se veut indépendante de toute influence étrangère. De tendance assez traditionnelle, elle est de loin la fédération la plus organisée. Elle possède notamment dans la Nièvre, le seul centre de formation d’Imams qui fonctionne régulièrement depuis 1993 et organise chaque année un grand rassemblement au Bourget qui réunit plus de 10 000 personnes.
Le Comité de Coordination des Musulmans Turcs de France (CCMTF), lié à Ankara, est très peu représenté dans cette structure, bien que les musulmans d’origine turque soient très présents dans l’Est de la France. Cette structure devrait présenter un double avantage : permettre à l’Etat d’avoir un interlocuteur, au plan national et régional, pour régler les questions concernant l’islam de France ; mais aussi permettre à l’islam de France de se construire grâce à une structure interne où pourront dialoguer ensemble plusieurs tendances de l’islam de France.
8月27日 Pour la première fois, un puissant groupe lié à Al-Qaida a appelé à des attaques sur l'Europe.
La Brigade Salafiste d'Appel au Combat a appelé les musulmans a frapper des cibles en France. La Brigade est un groupe algérien qui étend ses opérations en Afrique du Nord et en Europe.
Le groupe Salafiste a appelé les "frères Musulmans en France" à traquer et abattre les plus hauts responsables français. Le groupe appelle au meurtre de hauts responsables politiques, militaires et économiques.
"Nos vrais ennemis ne sont pas seulement les dirigeants militaires, mais aussi de nombreux civils connus pour leur allégence aux dirigeants Français", a déclaré la Brigade Salafiste sur un site affilié à Al-Qaida. "Soutenez nos frères en Algérie en traquant ces criminels en France".
(Middle East Newsline/ S. Pilczer - Toutes nos sources) 8月16日 Le chef de l'autorité du bon environnement, Dr. Youssef Abou Safia, a accusé, hier, l'entité sioniste de pratiques indirectes qui détruisent l'environnement palestinien, quand elle a empêché l'autorité palestinienne d'exécuter des projets de protection de l'environnement, et des eaux potables ainsi que d'autres dont l'autorité palestinienne ne peut exécuter.
Abou Safia a ajouté que l'entité sioniste perpètre un autre crime humanitaire en enterrant de grandes quantités de rebuts et de déchets dans les régions qui seront évacuées, où l'entité sioniste a creusé de profonds fossés en les remplissant de rebuts détritus ramenés de l'intérieur d'"Israël".
Les occupantes sionistes ont enterré plus de 50 mille tonnes de rebuts dans un seul site. Le responsable palestinien a affirmé que ces façons de fraude interdites par la loi internationale sont pratiquées par l'entité sioniste dans plusieurs régions palestiniennes comme Toul Karem, Al Khalil et Qualquilia sous forme de déchets toxiques qui causent la propagation de plusieurs maladies.
Il a affirmé aussi que la priorité des travaux de l'autorité palestinienne après le retrait sioniste est d'effectuer un cadastre total pour dévoiler les dangers causées par les rebuts solides et liquides qui polluent les eaux souterraines, tout en soulignant que ces matières de rebuts causeront une grande catastrophe à l'environnement.
© Déposer 2003 par palestine-info.cc
8月2日
par F.-B. Huyghe
Parmi les innombrables blagues stupides ou proclamations creuses qui circulent sur Internet, il se trouve parfois des textes très pertinents. Nous avons reproduit ci-dessous un dialogue en anglais qui circule sur la Toile (nous ignorons qui sont P.N. et W.M.) . Prenant la forme classique questions-réponses entre un belliciste et un opposant, ce texte met sous une lumière particulièrement crue les arguments qui justifient la guerre.
PN : Pourquoi, au fait, envahissons-nous l'Irak ?
WM : Nous envahissons l'Irak parce que ce pays a violé la résolution 1441 du Conseil de sécurité. Un pays n'a pas le droit de violer les résolutions du Conseil de sécurité.
PN : Je croyais pourtant que plusieurs de nos alliés, y compris l'Israël, avaient violé des résolutions du Conseil de sécurité plus souvent que l'Irak.
WM : Il ne s'agit pas seulement de résolutions des Nations unies. Ce qui importe, c'est que l'Irak pourrait avoir des armes de destruction massive, et la plus petite preuve tangible pourrait se traduire par un champignon atomique au-dessus de New York.
PN : Un champignon atomique ? Je croyais pourtant que les inspecteurs avaient dit que l'Irak n'avait pas d'armes nucléaires.
WM : C'est vrai, mais l'important ce sont les armes biologiques et les armes chimiques.
PN : Je croyais pourtant que l'Irak ne disposait pas de missiles de longue portée pour nous attaquer ou attaquer nos alliés avec de telles armes.
WM : Le risque, ce n'est pas tellement que l'Irak nous attaque, mais ce pourrait être le fait de réseaux terroristes auxquels l'Irak aurait pu vendre ces armes.
PN : Mais n'est-ce pas presque n'importe quel pays qui pourrait vendre du matériel chimique ou biologique ? Nous en avons bien vendu nous-mêmes une bonne quantité à l'Irak dans les années 1980, non ?
WM : Ca c'est de l'histoire ancienne. Ecoutez, Saddam Hussein est un méchant homme, bien connu pour exercer sur son propre peuple une répression féroce dès le début des années 1980. Il gaze ses ennemis. Tout le monde est d'accord pour dire que c'est un meurtrier et un fou assoiffé de pouvoir.
PN : Et nous, nous avons vendu du matériel chimique et biologique à un meurtrier, à un fou assoiffé de pouvoir ?
WM : Le problème ce n'est pas ce que nous avons vendu, mais ce que Saddam en a fait. C'est lui qui a lancé la première frappe préventive sur le Koweit.
PN : Ca, ce n'est pas bien. Mais notre ambassadeur en Irak, Gillespie, n'était-il pas au courant et n'avait-il pas donné son feu vert à cette invasion du Koweit ?
WM : Parlons du présent, si vous le voulez bien. A partir d'aujourd'hui, l'Irak pourrait vendre ses armes biologiques et chimiques à Al Qaida. Ossama Ben Laden lui-même a fait diffuser une cassette audio pour inciter les Irakiens à faire chez nous des attaques suicides, ce qui démontre une association entre les deux.
PN : Ossama Ben Laden ? Mais l'invasion de l'Afghanistan n'avait-elle pas eu pour but de le tuer ?
WM : En fait, on n'est pas sûr à 100% que ce soit réellement Ossama Ben Laden qui parle dans cette cassette. Mais la leçon à tirer est la même : il pourrait très facilement exister une association entre Al Qaida et Saddam Hussein si nous ne réagissons pas.
PN : C'est bien dans cette même cassette qu'Ossama Ben Laden traite Saddam de profanateur ?
WM : Vous ne pouvez pas comprendre si vous restez axé sur cette cassette. Powell a fourni de solides arguments à l'encontre de l'Irak.
PN : Ah bon ? WM : Oui, il a montré des photos d'une fabrique de poison d'Al Qaida en Irak prises par satellite.
PN : Mais n'a-t-on pas révélé que finalement cette fabrique n'était qu'une innocente cabane installée dans la partie de l'Irak contrôlée par l'opposition kurde ?
WM : Et un rapport des services secrets britanniques...
PN : N'a-t-on pas démontré que ce rapport provenait d'une vieille thèse d'étudiant ?
WM : Et des rapports de laboratoires mobiles..
. PN : Ne s'agissait-il pas tout bonnement d'interprétations artistiques ?
WM : Et des rapports démontrant que les Irakiens se précipitaient pour dissimuler des preuves aux inspecteurs...
PN : La chose n'a-t-elle pas été démentie par l'inspecteur en chef des armements, Hans Blix ?
WM : Si, mais il y a encore plein d'autres preuves qu'on ne peut pas révéler parce que cela compromettrait notre sécurité.
PN : Alors, on ne dispose publiquement d'aucune preuve de l'existence d'armes de destruction massive en Irak ?
WM : Les inspecteurs, ce ne sont pas des détectives, ce n'est pas à eux de trouver des preuves. Vous ne comprenez rien.
PN : Alors qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
WM : Il faut surtout comprendre que nous envahissons l'Irak parce que la résolution 1441 brandissait la menace de "graves conséquences". Si nous ne réagissons pas, le Conseil de sécurité deviendra un lieu de discussion hors de propos.
PN : Donc, l'important c'est de faire respecter les décisions du Conseil de sécurité ?
WM : Absolument... sauf si ces décisions nous sont défavorables.
PN : Et qu'est-ce qui se passe si ces décisions nous sont défavorables ?
WM : En ce cas, nous devons diriger une coalition avec ceux qui sont d'accord pour envahir l'Irak.
PN : Une coalition avec ceux qui sont d'accord ? Qui voulez-vous dire ?
WM : La Grande-Bretagne, la Turquie, la Bulgarie, l'Espagne et l'Italie, pour commencer. PN : Mais je croyais que la Turquie avait refusé son aide si nous ne lui donnions pas des dizaines de milliards de dollars.
WM : En tout cas, ils sont probablement d'accord aujourd'hui.
PN : Je croyais que l'opinion publique, dans tous les pays, était hostile à la guerre.
WM : Peu importe l'opinion des gens. La majorité exprime sa volonté en élisant des dirigeants qui, eux, prennent des décisions.
PN : Alors ce qui compte ce sont les décisions des dirigeants élus par la majorité ?
WM : Oui.
PN : Mais George B...
WM : Je veux dire, nous avons le devoir d'approuver les décisions de nos dirigeants, quelle que soit la façon dont ils ont été élus, parce qu'ils agissent au mieux de nos intérêts. C'est ça, être un patriote. C'est l'essentiel.
PN : Par conséquent, si on n'approuve pas les décisions du président, ça veut dire qu'on n'est pas un patriote ?
WM : Je n'ai jamais dit ça.
PN : Vous dites quoi, alors ? Pourquoi envahissons-nous l'Irak ?
WM : Comme je vous l'ai déjà dit, c'est parce qu'il peut se faire qu'ils aient des armes de destruction massive qui sont une menace pour nous et pour nos alliés.
PN : Mais les inspecteurs n'ont pas réussi à trouver de telles armes.
WM : C'est parce que l'Irak les cache, évidemment.
PN : Vous en êtes sûr ? Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
WM : Parce que nous savons qu'ils avaient ces armes il y a dix ans, et qu'on ne les a toujours pas retrouvées.
PN : Vous voulez parler de celles que nous leur avons vendues ?
WM : Exactement.
PN : Je croyais pourtant que ces armes biologiques et chimiques se dégradaient au point d'être inutilisables au bout de dix ans.
WM : Mais il se pourrait que certaines ne se soient pas dégradées.
PN : Alors il faut envahir le pays, simplement parce qu'il y a une chance minime que de telles armes existent ?
WM : Exactement.
PN : Mais la Corée du Nord possède actuellement tout un stock d'armes chimiques, biologiques, ET d'armes nucléaires, ET de missiles de longue portée qui peuvent atteindre la côte ouest ET elle a refusé la visite d'inspecteurs en armement nucléaire, ET elle a brandi la menace de transformer l'Amérique en océan de feu.
WM : Ca c'est un problème diplomatique.
PN : Mais pourquoi envahir l'Irak au lieu d'utiliser la diplomatie ?
WM : Vous faites semblant de ne pas comprendre ? Nous envahissons l'Irak parce que
nous ne pouvons pas éterniser ces inspections. L'Irak nous a fait lanterner, nous a trompés, a tout nié pendant plus de dix ans, et les inspections nous coûtent des dizaines de millions.
PN : Je croyais pourtant que la guerre nous coûterait des dizaines de milliards.
WM : Oui, mais ce n'est pas une question d'argent. C'est une question de sécurité.
PN : Mais une guerre préventive contre l'Irak ne risque-t-elle pas d'exacerber les sentiments des musulmans radicaux contre nous, et porter atteinte à notre sécurité ?
WM : C'est possible, mais il ne faut pas permettre aux terroristes de nous changer notre façon de vivre. Si on laisse faire, ils ont déjà gagné.
PN : Alors à quoi servent le Département de sécurité intérieure, les alertes terroristes codées de toutes sortes de couleur, et le Patriot Act ? Tout ça ne change-t-il pas notre façon de vivre ?
WM : Je croyais que vous m'interrogiez à propos de l'Irak.
PN : C'est bien ça. Pourquoi envahissons-nous l'Irak ?
WM : Je vous réponds pour la dernière fois : nous envahissons l'Irak parce que le monde entier a demandé à Saddam Hussein de désarmer et il n'a pas désarmé. Il faut maintenant qu'il en assume les conséquences.
PN : Par conséquent, si, de la même manière, le monde entier nous enjoignait de faire quelque chose, comme par exemple de trouver une solution pacifique, nous serions dans l'obligation de l'écouter ?
WM : Par "le monde entier" je voulais dire les Nations unies.
PN : Donc nous avons l'obligation d'écouter les Nations unies ?
WM : Par "Nations unies" je voulais dire le Conseil de sécurité.
PN : Alors nous avons l'obligation d'écouter le Conseil de sécurité ?
WM : Je voulais dire la majorité du Conseil de sécurité.
PN : Donc, nous avons l'obligation d'écouter la majorité du Conseil de sécurité ?
WM : C'est-à-dire que... on pourrait se trouver devant un veto déraisonnable.
PN : Auquel cas ?
WM : Auquel cas nous avons l'obligation de ne pas tenir compte de ce veto.
PN : Et si la majorité du Conseil de sécurité ne nous approuve absolument pas ?
WM : Alors nous avons l'obligation de ne pas tenir compte du Conseil de sécurité.
PN : Ca ne tient pas debout :
WM : Si vous aimez tant l'Irak, allez donc habiter là-bas. Ou alors peut-être en France, avec tous ces autres singes, ces capitulards mangeurs de fromages. C'est le moment ou jamais de boycotter leurs vins et leurs fromages, ça, c'est certain.
PN : J'abandonne.
F.-B. Huyghe
7月30日
LA ROUE DE L'HISTOIRE TOURNE 1848. "Un spectre hante l'Europe: c'est le spectre du communisme." ("Le manifeste communiste" K. Marx.) Cent cinquante ans plus tard, le spectre de l'islamisme nous hante. Le 9 novembre 1989, le soir de la chute du mur de Berlin, J. Julliard, éditorialiste au "Nouvel Observateur", dîne en ville ; trois filles voilées viennent d'être exclues d’un établissement de Creil. La conversation portera sur le port du voile islamique à l'école et non sur la chute de l'empire soviétique. Mentalement, les Français font face à leur vieil ennemi intime.
DES CONFLITS EN PERSPECTIVE
Un livre essentiel décrit le monde futur : " Le choc des civilisations ", de Samuel Huntington, (professeur à l’université de Harvard), publié en 1997 chez Odile Jacob.
1. Selon lui, le monde occidental a été successivement le théâtre de guerres entre princes qui s'efforçaient d'accroître leurs territoires (de 1648 à 1789), entre nations ou peuples (1789 à 1918), et entre idéologies — nazisme, communisme et démocratie libérale — (1918 à 1989). Désormais, il devra faire face aux conflits de civilisations.
2. Après la guerre froide, l’ordre mondial se refonde sur les grandes civilisations : la confucéenne, l'hindouiste, la slave-orthodoxe, l'occidentale (avec ses variantes européenne et nord-américaine, la latino-américaine), l'islamique (avec ses variantes arabe, turque et malaise), la japonaise et l’africaine. Chacune avance à son propre rythme. Les différences entre civilisations résultent d'un long processus historique et portent, notamment, sur les relations entre Dieu et l’homme, l’individu et le groupe, le citoyen et l’Etat, l’homme et la femme ainsi que sur l’importance relative des droits et responsabilités, de la liberté et de l’autorité, de l’égalité et de la hiérarchie. La mondialisation aiguise ces différences, le retour du religieux compensant l'affaiblissement de l'Etat-nation.
3. La civilisation est, en dehors de l'Humanité, le niveau d'identification le plus large dans lequel un homme peut se reconnaître. Ainsi un habitant de Rome se définit, avec plus ou moins d'intensité, romain, italien, catholique, chrétien, européen, occidental. Alors que dans les conflits entre idéologies, l’on pouvait choisir son camp, dans les conflits civilisationnels, la ligne de partage ami ennemi se fait suivant l’identité ("Qui êtes-vous?"), un donné qu’on ne peut modifier et dont on perçoit les tragiques conséquences dans les guerres de l’ex-Yougoslavie.
4. Les fractures entre civilisations sont devenues des lignes de front religieuses. La politique est localement ethnique et globalement, civilisationnelle ; les conflits bouillonnent du bas vers le haut ; chacun cherche l’aide de parents en civilisation. Les Tchétchènes sont aidés par les Saoudiens, les Palestiniens par tout le monde musulman, l’Arménie par les Etats-Unis, l’Azerbaïdjan par la Turquie. Au risque d’escalade plus élevé que du temps de la guerre froide s’ajoute, relayée par les antennes paraboliques, la propagation des conflits par les émigrations. On affiche ouvertement dans les quartiers turcs de Bruxelles son soutien aux Bosniaques musulmans. Une dégradation du conflit israélo-arabe a échauffé des Beurs : ils se sont attaqués à une synagogue. En dynamique des fluides, on démontre que le battement d’ailes d’un papillon en Asie peut déclencher un ouragan en Amérique, désormais l’effet papillon existe aussi en politique.
LES FRONTIERES SANGLANTES DE L’ISLAM
5. Entre l’Islam et le reste du monde, le conflit dure depuis l’origine, c’est à dire depuis plus de 1300 ans. Il n’est pas prêt de s’éteindre. Il gagne même en virulence avec la poussée fondamentaliste. " les musulmans ont du mal à vivre en paix avec leurs voisins " : les " antagonismes intenses et les conflits violents sont endémiques entre musulmans et non-musulmans à l’échelle locale " (p. 282 et suivantes) " Les chiffres sont irréfutables " : au cours des années 90, deux tiers des conflits inter-civilisationnels opposaient des musulmans et des non-musulmans. Si l’on prend une carte religieuse du monde, presque partout où le vert islamique s’arrête, le sang coule !
6. Cette multiplicité de conflits aux frontières de l’Islam s’explique par des facteurs anciens et nouveaux :
L’Islam est une religion du glaive. Son fondateur était un combattant, aux antipodes de Bouddha, de Jésus. Grâce à leurs guerriers, parfois même à leurs marchands, les musulmans occupent un immense espace, allant du Maroc à l’Indonésie. Autant de points de contact avec les non-musulmans et donc d’occasions de conflit. Les conflits, au sein même de l’Islam, sont plus nombreux qu’au sein des autres civilisations. Par rapport aux autres nations, celles de culture musulmane — presque toutes des dictatures — ont proportionnellement au nombre d’habitants le plus grand nombre de soldats et les plus fortes dépenses militaires. L’islam exporte sa bellicosité. Les musulmans sont inassimilables et réciproquement les non-musulmans ne s’assimilent pas en Islam. Alors que, par exemple, les Confucéens s’assimilent aussi bien chez les bouddhistes (Thaïlande) que chez les chrétiens (Philippines). L’absence d’un Etat-phare musulman, qui dominerait et stabiliserait les autres pays musulmans. L’explosion démographique musulmane augmente fortement la proportion de jeunes hommes sans emploi, ce qui est propice à la violence. Ceci a été constaté entre musulmans en Algérie ou à l’égard des non-musulmans — moins prolifiques — au Kosovo. Cette démographie galopante engendre des migrations agressives (Côte d’Ivoire, Espagne… etc. ) Des musulmans accusent l’impérialisme occidental : l’oppression de groupes musulmans les a poussés à la révolte. Mais, ils ne tiennent pas compte de cas semblables où l’inverse se produit, comme en Indonésie ou au Soudan.
DECLIN OCCIDENTAL
7. En 1900, l’Europe Occidentale et l’Amérique du Nord représentaient 44% de la population mondiale : actuellement, ils ne comptent plus que pour 13%. Leur influence décroît, le monde s’indigénise, chacun retourne à son identité fondamentale. Pour préserver son précieux héritage (liberté individuelle et culturelle, démocratie politique, etc.), l’Occident doit maintenir sa supériorité militaire, enrayer son déclin moral et démographique, maintenir sa cohérence (le multiculturalisme, suicide culturel, doit être impérativement rejeté), éviter d’intervenir dans des conflits dans lequel il n’est pas concerné.
8. Du déclin naît le risque d’invasion : " quand la civilisation n’est plus capable de se défendre elle-même parce qu’elle n’a plus la volonté de le faire, elle s’ouvre aux envahisseurs barbares " qui viennent souvent "d’une autre civilisation, plus jeune et plus puissante ". Huntington redoute que de prochains chaos ne plongent l’humanité dans les ténèbres.
APRES L’ATTENTAT
Après l’attentat, on a répété : " il faut éviter le choc des civilisations ". Mais qui, à part les djihadistes, cette composante belliqueuse de l’islam, souhaite réellement l’affrontement? Il est le résultat involontaire d’un enchaînement de solidarités opposées, du " un pour tous, tous pour un ". Samuel Huntington a décrit la machine infernale. Après avoir étudié quantité d’évènements et de statistiques, il a construit une vision cohérente des nouvelles relations internationales, qui permet de réfléchir aux moyens de réduire les conflits de civilisation.
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